VIH / SIDA et grossesse : faire un bébé en toute sérénité

VIH / SIDA et grossesse : faire un bébé en toute sérénité

Vous souhaitez avoir un enfant alors que vous ou votre partenaire êtes séropositive (if) ? C’est possible ! Quels sont les risques, quelles précautions à prendre ? Comment éviter la contamination ? Ce sont, certes, des questions angoissantes et inquiétantes qui devraient ne pas avoir leur place dans ce moment de bonheur et de complicité, néanmoins des réponses existent… quelques pistes ici.

 

Désir d’enfant et VIH

Que l’on soit séropositive(if) ou non, l’envie d’avoir un enfant peut intervenir tôt ou tard. Cependant, faire un bébé en étant séropositif semble souvent compliqué. Les futurs parents se heurtent généralement à de nombreuses interrogations personnelles et parfois même à des réactions hostiles de la part de l’entourage, probablement par manque d’information.
Avant toute chose, et comme nous l’évoquions dans le dossier « Grossesse et maladie chronique : comment se préparer ? », il est nécessaire de vous renseigner auprès de votre médecin traitant lors d’une consultation préconceptionnelle par exemple.

Comme le rappelait le rapport commandé par le Ministère de la Santé en 2006 sur la prise en charge médicale des personnes infectées par le VIH, il est primordial que vous soyez conscients que « la pratique de rapports sexuels non protégés entre partenaires sérodifférents ne peut en aucun cas être recommandée pour la conception naturelle en raison du risque de contamination qu’elle comporte ». Autrement dit, pourquoi prendre le risque de faire l’amour sans protection en vue d’avoir un enfant lorsque l’un des deux partenaires est séropositif alors que d’autres alternatives s’offrent à vous?

 

Le futur papa est séropositif

Le premier risque à prendre en compte est avant tout le fait que vous puissiez être contaminée par son sperme au moment de la conception. Pour parer à cela, vous pourrez recourir à l’assistance médicale à la procréation (AMP), accessible aux personnes atteintes du VIH depuis l’arrêté ministériel du 10 mai 2011, sous certaines conditions (couple stable, en âge de procréer…). Le sperme de votre partenaire devra alors subir un « lavage » avant de vous être administré par :

  • insémination artificielle (introduction du sperme préparé dans l’utérus)
  • fécondation in vitro ou FIV (mise en fusion de l’ovule et des spermatozoïdes dans un laboratoire)
  • injection intracytoplasmique de spermatozoïde ou ICSI (injection mécanique d’un seul spermatozoïde dans l’ovule préalablement prélevé chez la patiente)

Si la séropositivité est uniquement paternelle, il n’existe pas de risque de transmission de la maladie du père vers l’enfant. De plus, aucune répercussion des traitements pris par le futur papa n’a été mise en évidence sur les spermatozoïdes et donc sur le futur bébé.

 

La future maman est séropositive

Dans ce cas, le risque de transmission du virus est multiple. Vous risquez non seulement de contaminer votre partenaire si vous avez des rapports non protégés mais également votre enfant. Heureusement, les progrès de la médecine offrent désormais aux futures mamans une prise en charge adaptée.

Pour commencer, éviter les rapports sexuels non protégés est tout à fait possible en procédant par exemple à une auto-insémination dans l’intimité à l’aide d’une seringue contenant le sperme de votre partenaire.

Pour ce qui est de la transmission du virus à votre bébé, il est important de savoir que cette dernière peut avoir lieu pendant la grossesse, au moment de votre accouchement ou encore durant l'allaitement. Pour prémunir au maximum votre bébé d’une éventuelle contamination, vous devrez donc :

  • Faire adapter votre traitement pour permettre le maintien d’une charge virale suffisamment basse dans votre organisme (un traitement pendant la grossesse permet de faire tomber le risque de transmission mère-enfant de 25 à 1%). Notez que dès la naissance, votre bébé sera également mis sous traitement préventif antirétroviral et ce pendant au moins 6 semaines.
  • Proscrire l’allaitement maternel (votre lait contient le virus et peut donc être transmis au bébé) au bénéfice de l’allaitement artificiel : les biberons seront donc de rigueur !

Enfin, notez que la grossesse ne semble pas avoir d’effet sur la progression de votre maladie.

 

Vous êtes tous deux séropositifs

Si chacun des deux partenaires est séropositif, il est également important d’avoir recours à l’AMP afin d’éviter toute recontamination (transmission d’une autre souche virale à l’autre partenaire). Les précautions à prendre seront les mêmes que lorsque seul l’un des deux partenaires est atteint.

Quelle que soit votre situation, il vous faudra donc réussir à faire la part des choses et à garder à l’esprit que c’est à vous de prendre la décision de mettre en route une grossesse en toute connaissance de cause et en accord avec votre médecin traitant.

 

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Références :

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