Séjour à l’hôpital, soins à domicile… Comment choisir la meilleure prise en charge ?
Les prises en charges hospitalières
En établissement de soins, de nombreuses prises en charges sont possibles. Seuls les grands hôpitaux (souvent les centres hospitalo-universitaires – CHU, et les structures assurant les actes Médecine-Chirurgie-Obstétrique – MCO) cumulent toutes les possibilités de prise en charge, mais elles peuvent malgré tout être présentes au sein de tout établissement de soins : hôpitaux privés, cliniques, hôpitaux locaux… On s’intéressera ici aux principaux modes d’hospitalisation : l’hospitalisation complète, l’hospitalisation de jour (ambulatoire), l’hospitalisation d’urgence et l’hospitalisation sans consentement.
L’hospitalisation complète est la plus classique. Généralement programmée, elle concerne les patients adressés à l’hôpital ou à la clinique par leur médecin traitant ou par un spécialiste pour subir des examens ou une intervention. Elle peut aussi être prononcée suite à l’admission d’un patient en urgence. Les patients admis en hospitalisation complète ont un lit dans le service spécialisé pour leur pathologie. Ils seront pris en charge dans la structure le temps nécessaire à leur rétablissement, soit dans le même service, soit, selon les pathologies, dans différents services.
Dans le cadre d’une hospitalisation de jour ou « ambulatoire », le patient passe la journée ou la demi-journée à l’hôpital et rentre chez lui le soir. Elle évite au patient de passer une ou plusieurs nuits dans l’établissement, et lui permet de bénéficier de l’ensemble des soins hospitaliers. En effet, l’hospitalisation de jour concerne les patients qui nécessitent des soins qui ne peuvent être dispensés en consultation externe. Par exemple, seront pris en charge en hospitalisation de jour les malades qui doivent effectuer des examens, ou être sous surveillance médicale (en psychiatrie par exemple), subir une intervention chirurgicale légère (comme l’ablation des dents de sagesse), bénéficier de soins de réadaptation (à la suite d’un accident par exemple) ou encore des séances de dialyse…
Il est aussi possible d’être admis à l’hôpital par le biais du service des urgences. Les patients peuvent se présenter d’eux-mêmes, après un accident domestique par exemple. Ils peuvent aussi être transportés par les secours (SAMU, pompiers…). Tous les établissements n’ont pas de service d’urgence. Pour ouvrir un service d’urgence, les établissements doivent nécessairement répondre à des conditions précises. Il faut qu’ils soient dotés de services spécifiques, comme une unité de réanimation, de médecine générale, cardio-vasculaire… Les établissements publics, ou privés participant au service public hospitalier sont quant à eux obligés d’avoir un service d’urgence, et donc d’accueillir les patients 24 heures sur 24 et sans discrimination aucune. Notez qu’il existe des services d’urgence spécialisés, comme par exemple en pédiatrie, ou en gynécologie… Attention donc, à se renseigner avant de partir aux urgences !
Enfin, il faut citer les hospitalisations spécifiques à la prise en charge des patients atteints de pathologies psychiatriques : les hospitalisations sans consentement. Elles font l’objet d’une législation très particulière qu’il faut présenter spécifiquement.
Les prises en charge hors de l’hôpital
Plusieurs prises en charge sont possibles hors des murs de l’hôpital. Bien entendu, il faut d’abord mentionner la prise en charge « en ville ». Cette médecine, dite « libérale », est celle que pratique votre médecin traitant. En principe, et sauf pour les cas d’urgence, c’est la toute première étape d’un patient dans son « parcours de soins ». C’est votre médecin traitant qui vous orientera vers l’hôpital, si nécessaire, ou vers un spécialiste de ville, comme un ophtalmologiste par exemple, ou un ORL… Hormis la médecine de ville, d’autres alternatives à l’hôpital peuvent être présentées. Citons principalement l’hospitalisation à domicile (HAD) et l’hospitalisation « sociale ».
L’hospitalisation à domicile est une alternative à l’hôpital. Elle est assurée par des organismes ayant le statut d’établissement de santé. Elle permet à certains patients de bénéficier de soins chez eux. Elle n’est possible que pour une durée limitée, même si elle pourra être renouvelée en fonction de l’état de santé du patient. Elle est proposée à certains patients seulement : ceux dont les soins initiés à l’hôpital peuvent être poursuivis à domicile. Il est nécessaire, en outre, que le logement de la personne malade permette cette installation (par exemple, pouvoir placer un lit médicalisé…). Enfin, aucune HAD ne pourra être mise en œuvre sans l’accord du patient ainsi que de sa famille.
L’HAD est envisageable pour les personnes souffrant de pathologies nécessitant des soins ponctuels, comme une chimiothérapie pour un cancer par exemple. Il est aussi possible de proposer une HAD pour des personnes nécessitant des soins de réadaptation, comme après une opération orthopédique ou encore pour des femmes qui ont besoin de soins après leur accouchement. Enfin, l’hospitalisation à domicile est fréquemment envisagée dans les situations de fin de vie, pour les soins palliatifs.
L’HAD est demandée par le médecin traitant (ou conjointement avec un médecin hospitalier), qui contacte le médecin coordinateur du service d’HAD. C’est le responsable de la structure d’HAD, en fonction de la disponibilité (en termes d’équipes intervenantes), qui prononce l’hospitalisation. Notons que l’HAD est prise en charge à 80% par l’Assurance Maladie, comme pour toute hospitalisation !
Enfin, dernier type de prise en charge : L’hospitalisation sociale. Elle concerne, comme son nom l’indique, toutes les personnes dont la problématique est avant tout sociale. Le meilleur exemple est l’institutionnalisation des personnes âgées dépendantes. Si ces dernières ont généralement besoin de soins au quotidien, notamment parce qu’elles sont fragilisées par l’âge, elles ne sont pas toujours malades, et ne nécessitent pas forcément de séjourner à l’hôpital. Ce sont d’autres structures médicalisées ou non, qui les recevront, comme des maisons de retraite, des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD)… Ces structures répondent à une législation spécifique, relevant davantage de la protection sociale que de la santé. Notons tout de même que certains hôpitaux ont eux aussi des services « de long séjour » pour les personnes âgées nécessitant une surveillance médicale permanente, qui n’existe pas dans toutes les structures sociales.
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POUR ALLER PLUS LOIN :
- Dossier Sortir de l’hôpital contre l’avis de mon médecin, est-ce possible ?
- Dossier A l'hôpital, chez le docteur, quels sont mes droits ?
- Dossier L’information médicale : Docteur, j’ai le droit de savoir la vérité !
- Dossier Le consentement : Se soigner ? Parce que je le veux bien !
- Dossier Accéder à votre dossier médical
- Dossier Psychiatrie : Se soigner malgré soi
- Dossier Me soigner, je refuse! En ai-je le droit ?
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Références
- Article L6111-1 et suivants du Code de la santé publique
- Arrêté du 16 mars 2007 fixant les conditions de prise en charge pour l'admission en HAD d'un ou plusieurs résidents d'EPHAD
- Arrêté du 25 avril modifiant l'arrêté du 16 mars 2007 fixant les conditions de prise en charge pour l'admission en HAD d'un ou plusieurs résidents d'EHPAD
- Articles D6124-301 et suivants du Code de la santé publique
- Site Ameli.fr














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