Artérite oblitérante des membres inférieurs : une complication de l’hypertension artérielle

Artérite oblitérante des membres inférieurs : une complication de l’hypertension artérielle

L’Artérite Oblitérante des Membres Inférieurs (AOMI) concerne chaque année 800 000 nouveaux cas et est à l’origine de 5 000 amputations. C’est une maladie grave qui peut avoir d’importantes conséquences sur la qualité de vie. L’hypertension artérielle est un facteur de risque de l’AOMI. A l’heure où le gouvernement s’interroge sur la prise en charge de l’hypertension artérielle, focus sur une de ses complications…

 

Hypertendus : connaissez-vous l’Artérite Oblitérante des Membres Inférieurs (AOMI) ?

ptitcowboy, membre du réseau Entrepatients, souffre d'hypertension artérielle (HTA) depuis environ vingt ans. Il est également victime d’un rétrécissement du diamètre d’une veine de la jambe droite et de phlébite sur cette même jambe. ptitcowboy présente certains des facteurs de risque associés à l’hypertension artérielle puisqu’il fume de manière importante et a une hypercholestérolémie. De plus, depuis environ cinq ans, il ne travaille pas et ne pratique aucune activité physique.

ptitcowboy est conscient des complications de l’HTA telles que l’accident vasculaire cérébral, la rupture d'anévrisme ou l’infarctus du myocarde mais il ne connaît pas l’Artérite Oblitérante des Membres Inférieurs (AOMI).

Or, d’après le Professeur Claire Mounier-Vehier, chef du service de médecine vasculaire et d’hypertension artérielle au Centre Hospitalier Régional Universitaire (CHRU) de Lille, 1ère Vice-présidente de la Fédération Française de Cardiologie,  « les hypertendus ont une AOMI dans environ 20 % des cas et les patients avec AOMI sont hypertendus dans 60 à 70 % des cas ». Ceci nous indique le lien étroit qui existe entre HTA et AOMI.

 

Qu’appelle-t-on AOMI ?

L’artérite oblitérante des membres inférieurs correspond à l’obstruction partielle ou totale d’une ou plusieurs artères des membres inférieurs.

Le cholestérol peut se déposer puis s’accumuler à l’intérieur de la paroi des vaisseaux et former ainsi une plaque d’athérome. Cette plaque se développe chaque jour un peu plus jusqu’à obstruer le vaisseau (on parle d’athérosclérose) et ce d’autant plus que le patient sera un fumeur. Une fois le vaisseau bouché, le sang ne circule plus ce qui entraîne un manque d’oxygène dans les tissus avoisinants pouvant aller jusqu’à la gangrène. Si cette athérosclérose touche les artères de la jambe, on parle alors d’Artériopathie Oblitérante des Membres Inférieurs (AOMI).

Si au début de la maladie, les patients ne ressentent aucun signe physique, la douleur s’installe progressivement. Pendant la marche pour commencer,  le patient se plaint alors d’une crampe à la jambe ou à la fesse, l’obligeant à interrompre sa marche, ce que l’on appelle la claudication et qui survient pour une distance de marche parfois très courte (de 50 à 100 mètres). Ensuite à un stade plus grave, la douleur est permanente, même au repos. L’AOMI est souvent le témoin de pathologies cardiaques sous-jacentes comme l’infarctus du myocarde. Il est donc indispensable de la dépister le plus tôt possible, d’autant plus qu’une artériopathie oblitérante des membres inférieurs diagnostiquée trop tardivement peut être à l’origine d’une amputation. Votre médecin fera réaliser un échodoppler des artères pour préciser la sévérité de la maladie et discuter du traitement le plus adapté.

 

Quelles sont les personnes les plus touchées ? Les facteurs de risque ?

L’AOMI est une maladie fréquente qui touche 5% des moins de 60 ans et 20% des personnes au-delà de 65-70 ans. Les hommes sont plus sensibles à l’AOMI mais avec l’âge, la proportion entre les hommes et les femmes souffrant d’AOMI s’égalise.

Dans 85% des cas, les personnes souffrant d’artériopathie oblitérante des membres inférieurs fument ou ont fumé. Le tabagisme est sans conteste un facteur de risque  majeur !

Les problèmes de poids peuvent également augmenter le risque de souffrir d’AOMI. Une personne présentant un excès pondéral (notamment au niveau de la ceinture abdominale) ou un taux élevé de « mauvais » cholestérol (LDL sur les résultats de votre analyse de sang) aura plus de risques de développer la maladie.

Deux maladies chroniques doivent d’ailleurs alerter votre médecin traitant et l’encourager à dépister une AOMI : le diabète et l’hypertension artérielle. Concernant le diabète, le risque de développer une AOMI sera en fonction de la durée et de la gravité du diabète. Quand aux hypertendus, nous l’avons dit, 20% d’entre eux développeront la maladie.

 

Quels sont les moyens de prévention efficaces pour éviter de développer une AOMI ?

L’AOMI multiplie par quatre le risque d’infarctus du myocarde et par trois le risque d’accident vasculaire cérébral. Il est donc important de respecter des règles simples afin de se protéger de cette pathologie : le fameux slogan « 0, 5, 30 » pour « 0 cigarette, 5 fruits et légumes et 30 minutes d’activité physique par jour » de la Fédération Française de Cardiologie (www.fedecardio.org).

Ainsi, pratiquez une activité physique (comme la marche rapide) au moins 30 minutes par jour ! En effet, en participant à la bonne santé des artères, la pratique d’une activité physique réduit considérablement les risques de développer une hypertension artérielle ainsi qu’une artériopathie oblitérante des membres inférieurs.

Comme nous l’avons abordé précédemment, le tabagisme est un facteur de risque très important dans l’AOMI et l’est de plus en plus chez les femmes. Mais rassurez-vous fumeurs ! Il est toujours temps d’arrêter de fumer puisque le risque de développer une AOMI est le même que celui d’un non-fumeur après un an de sevrage tabagique ! Ainsi, l’arrêt du tabac est essentiel car il réduit significativement le risque d’amputation,  ou d’aggravation des symptômes et surtout le risque de mortalité par infarctus du myocarde ou accident vasculaire cérébral.

L’hypercholestérolémie doit également être prise en charge. Certains médicaments peuvent être administrés mais il s’agit surtout de manger équilibré et de diminuer l’apport de graisses.

Enfin, l’équilibre du diabète est indispensable afin d’éviter les complications. Un diabétique atteint de neuropathie (atteinte des nerfs) ne perçoit plus les douleurs à la marche qui auraient pu l’alerter sur le développement d’une artériopathie oblitérante des membres inférieurs. De plus, les lésions diffuses des artères chez ces patients diabétiques rend plus difficiles les gestes chirurgicaux ou endovasculaires.

Si vous êtes hypertendus et suivis efficacement, un traitement médicamenteux adapté devrait suffire à contrôler et réduire la tension artérielle de même que les risques de développer une AOMI.

 

Les associations vous aident !

Le Professeur Claire Mounier-Vehier, 1ère Vice-présidente de la Fédération Française de Cardiologie (FFC) (www.fedecardio.org) et Vice-Présidente de l’association HTA-Vasc (www.htavasc.fr), nous explique que de nombreuses personnes recherchent des informations sur l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs. « Nous avons une brochure « maladies des artères ».  Nous souhaitons concevoir prochainement une brochure dédiée spécifiquement à l'AOMI. » nous précise-t-elle. « La Fédération Française de Cardiologie a des missions de prévention et d'information sur les facteurs de risque cardiovasculaire dans le cadre des parcours du cœur, du donocœur, et au travers de ses brochures. Elle a aussi une mission d'accompagnement en réadaptation au travers des clubs cœurs et santé qui consiste en la pratique d’une activité physique encadrée par un kinésithérapeute et un cardiologue au sein des associations régionales de cardiologie (24 associations existent en France) ».

La FFC se bat également auprès des hypertendus pour que l’HTA sévère (HTA maladie) soit réintégrée à nouveau dans la liste des affections de longue durée (ALD). En effet, depuis le décret du 24 juin 2011, l’hypertension artérielle sévère n’ouvre plus droit à une prise en charge à 100% au titre d’une affection de longue durée, au motif qu’elle ne serait non plus une maladie avérée mais un simple « facteur de risque ». Les frais médicaux restant à la charge des patients (frais engagés pour l’achat de médicaments et d’examens complémentaires) augmenteraient alors de plus de 30 % ! La suppression de l’HTA sévère comme ALD pourrait alors entraîner une augmentation du nombre de personnes  présentant des complications liées à l’HTA dont l’AOMI avec des inégalités de prise en charge.

 

L’AOMI est une maladie parfois méconnue mais qui peut avoir des conséquences importantes sur votre santé. Il est essentiel de se renseigner et de se prémunir des risques de cette pathologie qui touche de plus en plus de patients chaque année. Et vous ? Présentez-vous des facteurs de risque de l’AOMI ?

 

 

Vous pouvez également retrouver ptitcowboy directement sur le réseau et nous rejoindre dans le groupe « hypertension artérielle » pour poursuivre la discussion!

 

 

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